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Grands personnages

Fred Neegan

Le logo de la Municipalité représente M. Frederick Neegan en train de parcourir « sa rivière ». Surnommé le « gardien de la Missinaibi », laissons un de ses bons amis nous présenter ce grand personnage.

Le gardien de la Missinaibi

Discours prononcé par Marc Johnson en juin 2016, alors que l'Université de Hearst remettait un doctorat honorifique à M. Fred Neegan lors de la collation des grades. M. Neegan nous a quitté le 8 juin 2018.

Frederick Peter Neegan est né le 16 mai 1931, d’une mère crie (Frances, née Sagabuckscum) et d’un père ojibway (Andrew). Comme ses 11 frères et sœurs, Fred a vu le jour dans le bois, sur les berges de la rivière Missinaibi, au Nord de Mattice, là où sa famille pratiquait la chasse et la trappe. Fred garde de beaux souvenirs de sa tendre jeunesse et de ce style de vie traditionnellement autochtone : vivre et se nourrir de ce que la terre a à offrir.

Fred a malheureusement fait partie du triste héritage du système des écoles résidentielles ou de cette « prison », comme il appelle souvent cette époque. En 1936, alors qu’il était à peine âgé de 5 ans, Fred a été obligé de partir pour l’école résidentielle anglicane St. John’s de Chapleau. Il y est demeuré pendant 12 ans, soit jusqu’à l’âge de 17 ans, sans jamais revenir au sein de sa famille durant l’été car elle n’avait pas les moyens de payer son passage aller-retour en train. Les personnes qui connaissent bien Fred savent que sa personnalité ne reflète aucunement toutes les injustices et la tristesse de cette période. Bien qu’il ne puisse pardonner le fait d’avoir perdu la langue maternelle autochtone qu’il n’avait pas le droit de parler durant son pensionnat, c’est d’abord et avant tout sa nature douce, sa voix calme et posée et son humeur facile qui le définissent.

À la suite de son retour à la maison à Mattice en 1948, s’il ne trappait pas avec sa famille, Fred était au travail dans l’un des nombreux emplois qu’il a occupés au fil des ans. Il a jalonné des concessions minières à Fort McMurray et à White River, a supervisé une tour à feux près de la ville de Missanabie, a conduit le chasse-neige pendant plusieurs hivers pour le détachement de Hearst du ministère des Transports.

C’est cependant son amour et son habileté à partager ses connaissances de la rivière Missinaibi, sur laquelle il a passé sa vie, et des traditions de sa culture autochtone, qui sont sans contredit l’une des plus grandes contributions de Frederick Neegan. Ses enseignements se retrouvent non pas dans des discours mais dans les détails des histoires qu’il nous raconte. Sa salle de classe n’est pas à l’intérieur des 4 murs d’un collège ou d’une université mais bien en plein cœur de la nature, dont il continue de profiter sur une base quotidienne, malgré ses 84 ans. Ce n’est pas tout le monde qui est capable ou qui désire enseigner. Parfois, le simple amour de partager ses riches connaissances d’une façon qui permet aux autres de mieux comprendre et de te respecter devient ta destinée, sans même que tu le réalises. Voilà, selon moi, le chemin sur lequel se retrouve Fred Neegan. Nous en sommes tous gagnants. Reconnaître cet état de choses en lui octroyant un doctorat honorifique lui démontre notre respect et notre reconnaissance. Je ne connais personne qui le mérite autant que lui.

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